Discrimination

Cette fleur de cire tropicale a passé toute sa vie européenne à l'intérieur de ma maison

Cette fleur de cire tropicale a passé toute sa vie européenne à l’intérieur de ma maison

Discrimination : c’est un mot qui n’existe pas dans la Nature. Dans la nature le jugement de valeur est absent. Il n’y a en réalité pas cette distinction ou classification  que l’être humain tend systématiquement à faire.

 

Chez l’homme il est presque seconde nature de faire des classements, des catégories : petit vs grand, bon vs mauvais, beau vs laid, utile vs inutile.

 

Nous essayons de nous situer par rapport au monde qui nous entoure. Suis-je plus rapide que le cheval, plus intelligent que le dauphin, ou plus important que la rose ?

C’est un besoin de toujours se mesurer à quelqu’un ou à quelque chose.

 

Or, dans la nature ce genre de hiérarchisation n’existe pas.

 

Un jour je suis tombée par hasard sur un bout d’émission sur je ne sais plus quelle chaîne de télévision. Dans un document filmé en ultra rapide on pouvait voir tout d’abord  la roche mère de la Terre, sur laquelle s’est ensuite accumulé un tas de fientes. L’on voyait apparaître des mouches, et en un clin d’oeil se révélait  une couche de bonne terre humifère prête à recevoir ses premières boutures et ses premières graines. Ce serait le début de ce que l’on connaît à présent comme étant la planète bleue.

 

Pour revenir à notre propos de non-discrimination, je voudrais dire combien j’ai été impressionnée par le fait que la mouche que je chasse en saison avec dégoût est en réalité un être précieux. Elle a œuvré à fabriquer notre planète. Je suis maintenant certaine qu’un entomologiste ne dira pas d’une mouche qu’elle était moche. J’imagine même la mouche entendre à son égard : « T’as de beaux yeux ».

 

L’image que nous avons des rizières se décrit comme ces parfaites étendues de vert et d’eau entourés de  bas murets de glaise. En réalité ces rizières sont le parfait exemple de la discrimination humaine.

 

Dans ces rizières il n’existe qu’un type de graminée. Tout autre végétal est éliminé.  L’eau qui inonde ces rizières n’a pas pour but premier d’arroser le riz, mais de noyer les mauvaises herbes. En réalité, le riz n’est pas une plante aquatique comme les nénuphars ou les lotus, même s’il résiste bien à une immersion prolongée. Donc, le but principal de cette irrigation continue est le désherbage.

Les parcelles sont labourées après chaque récolte pour déraciner, détruire et décourager tout intrus. Autrement dit la culture du riz se fait sous un régime totalitaire. La myriade de têtes qui vit dans le sol est exterminée par ce dérangement programmé couplé de noyade systématique.

 

Je viens de vous décrire la culture discriminatoire,  mais néanmoins traditionnelle du riz. Je vais maintenant vous illustrer comment faire pousser du riz selon la méthode naturelle de Masanobu Fukuoka.

 

La raison d’être de ce blog est l’agriculture naturelle. Je l’ai dit dans le descriptif, et le nom de ce blog : Fukuoka en France indique très clairement ce que je veux exprimer et faire partager.

La culture naturelle du riz est ainsi décrite.  Elle exclue le labour, l’inondation systématique, les engrais chimiques, et les pesticides.

Les rizières ne sont pas labourées.

Le semis est direct. Il n’y a pas de transplantation comme dans le film Largo Winch II.

Les produits chimiques sont exclus.

L’inondation des parcelles n’est pas continue ou systématique.

Cette méthode n’est ni farfelue ni révolutionnaire. Elle est la façon la plus naturelle de faire pousser du riz avant que la discrimination n’ait atteint le cerveau des hommes. En français on décrit cette méthode comme l’agriculture de ne rien faire. Souvent il y a malentendu. Ce n’est pas une agriculture de fainéant.  C’est une agriculture de ne rien faire qui pourrait contrer le bon déroulement de la culture du riz tel que la Nature l’a déterminé.

Ainsi, donc, si la Nature laisse proliférer des araignées piqueuses et suceuses et que l’on laisse faire, ces araignées disparaissent comme elles sont venues grâce à l’arrivée d’autres insectes dont le rôle est de rétablir l’équilibre qui pourrait avoir été momentanément dérangée.

 

 

L’agriculture naturelle peut se  décrire de la façon suivante. Le riz pousse parce qu’il doit pousser. Ce n’est pas le semeur qui le fait pousser.

Il pousse lorsqu’il touche le sol et que la pluie l’arrose.

Nul besoin de labourer. Dans un sol vierge il poussera sans labour parce que c’est ce qu’il fait tout naturellement dans un sol non compacté par des labours répétés. Le labour est nécessaire uniquement dans un sol compacté par le labour. C’est un cercle vicieux. Nous créons le déséquilibre et nous crions cocorico quand enfin on réussit à trouver un remède au mal que l’on a fait.

Nul besoin de pesticides quand la Nature régule elle-même l’équilibre de ses populations végétales et animales.

 

 

Nul besoin de fertiliser une terre légère et riche en biodiversité. Les milliards de têtes qui habitent une poignée de terre font plus de travail que des chevaux vapeur. Les champignons microscopiques et les matières en décomposition rendent disponible tout ce qu’une plante nécessite pour prospérer. Une bonne terre n’a pas besoin de fertilisant chimique. Inutile de calculer le bon rapport N-P-K. Tout ce savoir agricole devient d’un coup inutile.

 

Nul besoin d’inonder. Cette pratique affaiblit le riz qui n’est pas de nature aquatique.

 

Vu sous cet angle la culture du riz paraît si simple.

 

Elle est simple, mais futés comme nous sommes nous avons réussi à nous la compliquer. Nous avons décortiqué la croissance d’un grain de riz, isolé les processus, et tenté de profité des données récoltées. J’imagine les chercheurs chacun dans son coin crier avec enthousiasme un eureka, mais personne n’a su ou voulu se donner la peine de regrouper ces connaissances. Même la politique agricole officielle tend à changer comme le vent. De toutes façons il est impossible de tirer une conclusion cohérente à partir de ces découvertes faites hors contexte et surgissant d’un laboratoire climatisé et clos.

 

Le labour est devenu indispensable dans un sol rendu poudreux qui se transforme en béton quand eau et chaleur se relaient. Quand des matières grossières sont broyées en fine poussière pour obtenir une granulométrie uniforme c’est également une sorte de discrimination. On recherche une finesse et exclut les éléments hors gabarit. Réduire le sol en poussière est une aberration. Pourtant c’est ce qui se pratique depuis logntemps.

 

La transplantation vise à exclure tout autre semis pour avoir une parcelle qui ne compte que du riz. C’est clairement de la discrimination.

 

Les engrais tentent à redonner aux sols épuisés leur vigueur de jeunesse.

Les pesticides veillent à ce qu’aucune population animale ne se pose sur le précieux riz.

 

Tous ces processus visent une chose : l’exclusion.  L’agriculteur doit se consacrer à la culture du riz et éliminer ce qui ne semble contribuer à ses efforts.  Par ce fait il a pris sur lui la responsabilité de déterminer ce qui est bon ou nuisible pour la pousse du riz. Le résultat se voit dans ces images de parcelles de vert et d’eau mentionnées plus haut.

Or ce n’est pas de son ressort, c’est du ressort de la Nature. C’est la Nature qui fait pousser son riz et elle régule les éléments ou acteurs de son travail. La Nature tend vers l’équilibre. Cet équilibre permet à tous de prospérer  et se contrebalancer, toujours dans la recherche de cet équilibre qui est la clé d’une récolte optimale.

 

Quid de Fukuoka en France ?

Mon mari et moi avons décidé d’aller vivre aux Philippines dans l’Asie du Sud Est.

Nous avons fait l’acquisition d’un terrain pour y installer une ferme naturelle, et d’une petite rizière pour la transformer en rizière naturelle.

Nous nous donnons quelques années pour y parvenir et j’ai bon espoir d’y arriver.

Dans le sous-continent Indien vivent des praticiens de la méthode Fukuoka. Je suis en contact avec eux, et suis consciente des difficultés de transformer une rizière traditionnelle  en rizière naturelle. Ce n’est pas une mince affaire aux Philippines. Heureusement que je connais des histoires de réussite en Inde. Masanobu Fukuoka a œuvré dans le climat subtropical de sa ferme au Japon et a montré la validité de sa méthode pendant près d’un demi-siècle.

Pour ma part je vais m’installer dans un pays tropical avec deux saisons au lieu de quatre.

Je dois dire que j’irai à tâton dans un premier temps, avec la confiance toutefois que c’est la nature qui cultive et que si je me laisse prendre par la main alors je ne peux que réussir.

Souhaitez-moi bonne chance.

 

Bonne journée à tous.

 

Je vais créer un nouveau blog, en anglais cette fois-ci, car c’est la langue utilisée aux Philippines. J’espère que vous irez y faire un tour de temps en temps. Beaucoup d’entre vous lit l’anglais, mais bien sûr il y a toujours google translate pour  aller à votre secours en cas de besoin.

 

 

 

 

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