L’arbre est tombé

La petite ville que j’habite s’est réveillée un jour sans son arbre.

Ce magnolia grandiflora planté à la Libération a disparu au petit matin pendant que nous dormions.  Comme le centre-ville est en travaux depuis aussi longtemps qu’il faut pour ne plus remarquer de démolitions ni d’arrachages, les villageois n’ont pas pu lui dire au revoir ou encore repose en paix. Aussitôt arraché aussitôt débarrassé. Ni feuilles ni débris sur la chaussée, juste une belle couche de goudron pour remplir le trou avant que les premiers lève-tôt ne terminent leur bol de café.

Je pense qu’il n’existe pas beaucoup de raisons valables pour justifier la mort d’un arbre.

Des mots entendus sur les ondes me restent en mémoire : le plus grand des arbres sera toujours plus grand que le plus grand des hommes et le plus vieux des arbres sera toujours plus vieux que le plus vieux des hommes…

Je n’ai pas beaucoup d’estime pour une personne qui s’attaque à un être vivant qui ne peut absolument pas se défendre. Encore moins si c’est fait pour agrandir la chaussée d’un mètre carré.  Quelle surface au sol occupe un magnolia de 59 ans ?  Pas plus qu’un européen de 59 ans. L’arracheur arrive à la retraite, mais le magnolia aurait pu encore vivre  très, très longtemps.

Le chanteur des êtres simples, Francis Cabrel, ne serait pas content. Il a composé une chanson sur un arbre, mais tout le monde ne l’a pas encore entendu.

 

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