Penser et faire

Au cours d’un trajet ordinaire en voiture où j’ai eu comme unique passagère une amie octogénaire volubile, j’ai entendu une remarque de sa part. Oh que c’est beau ces champs fraichement labourés, dit-elle.

J’ai attendu longtemps avant de lui parler de l’agriculture naturelle sans labour ni glyphosate.  Elle ne comprendra pas, me suis-je dit.

Un an plus tard s’est présentée l’occasion de lui montrer mon humble potager naturel avec de l’herbe entre les rangs et des tomates en pleine enchevêtrement, car non débarrassées des gourmands.

Le champ de bataille des pommes de terre est resté en pagaille après l’arrachage des dernières patates.

Mon amie a passé le portail de ce carré de verdure. Je lui ai fait la visite.

Il est possible de se trouver surpris ou étonné à tout âge et les âmes sincères acceptent volontiers d’ouvrir leur esprit.

Ce fût le cas de mon amie.  Face à ce potager absolument non-conventionnel elle a laissé une porte ouverte, me semble-t-il, à une conception révolutionnaire qui bouscule ses idées de toujours. Des tomates de belle taille et en bonne santé ont eu raison de ses doutes.  Des gourmands qui portent des fruits, qui trainent sur le sol et profitent de ce contact pour sortir des racines à chaque endroit où la tige rencontre la terre ont montré une alternative à la pratique recommandée de couper sans pitié chaque gourmand qui  porte apparemment bien son nom.

Ici mon propos secondaire est de parler de l’agriculture naturelle qui va bien au-delà de la tendance bio qui n’est pas une idée claire tellement l’appellation est imprécise.  Je ne trouve pas normal qu’il y ait besoin des normes et des agréments pour pouvoir revendiquer le titre de producteur bio.  Un producteur bio est bio que quelqu’un contrôle ses pratiques ou non.  On est bio dans l’âme ou on ne l’est pas.

Quant à mon propos primaire il va bien au-delà des légumes et des céréales.

J’aime l’intemporel, le fait que ce qui est valable aujourd’hui l’est encore demain. Je n’aime pas beaucoup les dictats. Une simple illustration tirée de la vie quotidienne concerne le code de la route. Si tout le monde respectait son voisin automobiliste il y aurait nul besoin de limitations de vitesse fort génératrices de procès-verbaux.  Il fût en temps où la vitesse en agglomération était fixée à 60 kilomètres heure et l’âge légal de la retraite à 60 ans. Aujourd’hui c’est sens dessus dessous et la valse n’est pas finie.

Un litre et demi d’eau par jour fût recommandé et je m’étais toujours demandé quel sort est réservé à un membre de tribu de désert : serait-il condamné à avoir une mauvaise santé ? Quant aux cinq fruits et légumes quotidiens : quid de l’esquimau et sa couche de glace permanente ?  Je pars du principe que si ce n’est pas applicable à tout le monde alors ce n’est pas matière à réglementation ou recommandation .

Vous l’auriez compris, je me fie au bon sens. Toutefois je comprends qu’une société a recours à des règles pour rappeler la bonne conduite entre êtres humains, flore, faune, et environnement.

J’ai cessé d’estimer  les pactes agricoles, les lobbies agricoles, les écoles d’agriculture qui perpétuent des méthodes sans remise en question, les manuels qui font office de bible le jour où j’ai aperçu un conflit entre agriculture et nourriture.  Un agriculteur qui casse des centaines de millier d’œufs ou qui déverse des centaines de milliers de litres de lait dans les champs en signe de protestation serait-il un agriculteur ?  Remplirait-il la noble occupation de nourrir le monde ?

Je ne critique aucunement l’envie légitime de profitabilité. Seulement je désirerais idéalement qu’une distinction soit faite entre agriculteur et agro-commerçant.  C’est du domaine du rêve bien sûr, car les idées reçues sont ancrés et durable et que personne ne pourrait s’opposer  contre le désir de vivre confortablement, le seul moyen pour y parvenir étant de générer des bénéfices.

Je recommande cependant une remise en question de notre savoir.  Que savons-nous exactement de notre environnement et de notre alimentation ? Voilà, pour éviter de trop m’éparpiller dans ma réflexion  je  commencerais par mettre sur la balance tous ce que je pense savoir sur ces deux sujets. Que sais-je de mon environnement et de l’environnement ? Quel sont mes vrais besoins alimentaires pour me maintenir en vie et en bonne santé ? Il y a matière à réflexion.  Penser et faire.

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