Pommes de terre

Je ressors des photos de ma récolte de patates posées simplement sur du gazon coupé, puis recouvertes de tontes au fur et à mesure des coupes, dans mon jardin d’ornement.

recolte de patates semées sur gazon recouvertes de gazon

récolte de patates semées sur gazon recouvertes de tonte

belle taille, propres

belle taille, propres

 

 

Caneton huppé

Voici mon caneton d’un mois et demi.  Il a été couvé par une poule. Il picore comme une poule au lieu de manger comme un canard.  Il sait nager, malgré tout. Il a été baptisé Chouppette par une voisine et amie.

Il s'appelle Choupette

Il est le seul survivant de cette couvée

Il est le seul survivant de cette couvée

Il est élevé par une poule Brahma perdrix dorée

Il est élevé par une poule
Brahma perdrix dorée

Pluies

A l’heure où pour une fois nous français pourrions légitimement nous plaindre du temps, je me dis que ces pluies diluviennes et ce froid inhabituel qui empêchent les cultures de pousser sont salutaires tout compte fait.

J’ai beaucoup de raisons d’être réjouie car, comme j’ai souvent constaté, un revers de médaille cache une face belle et ouvragée.

Cette fois-ci la jolie face inclue des fleurs à profusion dans le jardin d’ornement, une réserve d’eau souterraine assurée, et une sorte de troisième mi-temps pour les jardiniers qui auraient une fois n’est pas coutume l’occasion de semer et de repiquer sans suivre les règles et plannings des anciens ou des pages glacées des revues de jardinage.

Pour une fois que tous pourraient s’improviser agriculteurs naturels faute de pouvoir intervenir au jardin je n’ai qu’une chose à dire : allons-y gaiement.

Les saints de glace ont débordé et l’été s’apprête à télescoper le printemps. Ciao calendrier des plantations.  Savez-vous ce que j’ai mangé à midi ? Des fèves achetées chez le magasin bio du coin. Plutôt inhabituelle pour une fin de mois de mai, elles étaient petites et bien tendres et la gousse était comestible dans sa totalité.

Un ami cher m’a dit que mon immobilisation provisoire sera l’occasion de valider ma méthode  naturelle.  Il n’aurait pas pu aussi bien dire. Je pourrais enfin savoir si des semis de légumes affaiblis par des décennies de culture conventionnelle pourraient survivre au traitement que je m’apprête à leur faire subir.

Enfin…ce serait de la cruauté de ma part! Seules les femmes spartiates abandonneraient leurs nourrissons dehors par nuit froide pour tester leur résistance.

Je crois que je ne suis pas une spartiate.  Je crois que je laisserais mes enfants-plantes se débrouiller toutes seules une fois qu’elles auraient jouissance d’un terrain naturel sans ray grass ni chiendent, grouillant d’abeilles, d’insectes et d’oiseaux et couvert en permanence de mulch vert comme dans un sol de forêt.

Faute de ces conditions, faute d’un retour quasi-total à un état naturel de mon lopin de terre, mes enfants-plantes seraient perdues d’avance.

Une erreur courante pour qui veut faire de l’agriculture naturel est d’espérer avoir une bonne récolte la première année.  Je sais, car je l’ai commise. Elle m’a laissée un sentiment d’échec face à une nature indomptable et envahissante. A vouloir brûler les étapes j’ai mordu la poussière.

C’est la deuxième année de mes tentatives de reconversion et j’ai beaucoup appris de mes faux-pas.

–        J’ai compris qu’avant toute chose –pour reconvertir une prairie ou un gazon en terrain naturel– il faut se débarrasser du matelas épais de racines de pelouse ancienne faute de quoi tout effort serait vain.

–        Il faut semer du mulch vert, dans mon cas du trèfle blanc. Le trèfle couvre toutes les surfaces nues, étouffe des graminées, ombre les semis contre trop de vent, de pluie, de soleil, et tout cela en faisant en sorte que les semis ne manque pas d’azote.

–        Je sais maintenant qu’un bon tas  de tontes, feuilles mortes, branchages et tout débris de jardin ameublit le sol mieux qu’un motoculteur, et surtout de façon durable sans utiliser une seule fois un engin bruyant et pétrofage.

–        Je sais qu’un sol couvert est « arrosé » comme par magie par son mulch vert.

–        Je sais que les graines enrobées de boue pour former des boulettes de terre puis posées sur le sol, puis recouvertes de mulch, poussent au bon moment à l’endroit qui leur est propice. Je jette les boulettes ou les graines nues et elles poussent là où elles auront le plus de chances de se perpétrer.

–        Dans ces circonstances ce n’est plus moi qui détermine le bon moment de semer ni le bon endroit pour le faire. C’est la nature.

Sans vouloir ni pouvoir vous expliquer le comment ou le pourquoi je reste cependant persuadée que même si les conditions nécessaires à un retour à la nature ne soient pas toutes remplies il y’auraient toujours de rares survivants pour assurer une génération suivante plus forte et quelque part plus sauvage et plus proche d’un état naturel.  Mon ami cher a raison, je pourrais enfin valider cette méthode.

Il ne vous reste plus qu’à me souhaiter bonne chance.

Pour ma part je vous souhaite une bonne journée.

Adobe

C’était un après-midi où sous le soleil égyptien les températures frôlaient les 50°C.  J’allais visiter un petit village et alors que je négociais ses ruelles qui n’étaient en fait que des chemins de terre,  j’ai trouvé sur mon passage une maison en construction.  D’habitude il y a des signes apparents tels que bétonnière, sacs de ciment et parpaings.  Là…rien.

Il y avait deux travailleurs dans la maison, abrités du soleil de plomb par une toiture en cannes séchées. Je me suis fait la réflexion à ce moment-là que la température du plomb doit être de 50°C.  En traversant le seuil le mercure a chuté. Il faisait  presque bon.

Au milieu du sol de terre de la pièce de quelques mètres carrés, il y avait un trou rempli de boue. Autour de cette pièce les murs se montaient petit à petit. Dans un coin se trouvaient un seau d’eau et un peu de paille. Les murs s’élevaient au fur et à mesure de la production de boue de paille. Faire un trou et monter sa maison. C’est merveilleux.

Partout dans le monde et non seulement dans les pays en voie de développement se montent des habitations en cette matière omniprésente qu’est la terre.

On peut s’inscrire dans un cours dans beaucoup de communes en France pour apprendre à faire des blocs ou un mur en terre.  Cependant la technique est simple, un jeu d’enfant.  C’est presque instinctif, le geste de tous les enfants du monde pataugeant dans une flaque d’eau.

Quant à sa durabilité…des constructions anciennes en témoignent. Et pourtant nous émettons encore des doutes à ce sujet.  Si ces villages entiers qui nous viennent du fond des âges ne nous suffisent pas comme preuve parce qu’ils n’ont pas été validés et testés alors nous devrions tous subir des tests d’ADN pour savoir si notre mère est bien notre mère.

C’est fascinant quand on pense à ce que l’on appelle couramment le mouvement écologique.  Ce mouvement nous propose aujourd’hui ce qui a été depuis toujours la plus banale et la plus logique façon de vivre sans devoir inventer des mots pour le dire. Rendez-vous compte : de nos jours il y a des diplômes en environnement  axés gestion de l’eau,  énergies renouvelables,  écoconstruction et tous ces autres termes barbares qui étaient d’antan la vie quotidienne.  Il y a même des degrés de qualité tel que la norme Haute Qualité Environnement par exemple qui me fait sourire tant l’appellation est naïve. Il y a des maisons positives et d’autres négatives. Dites à un Dogon qu’un expert va passer pour déterminer si sa maison est positive ou négative et je pense qu’il ne comprendra jamais le concept même si on passait la nuit à le lui expliquer.  Nous, l’homme moderne, ne faisons plus un pas si celui-ci n’a pas été validé par les normes ISO. Je ne comprends pas. On n’aurait pas besoin de normes si tout le monde faisait comme il faut.

La mondialisation est un grand mot. Il faut une monnaie unique, d’abord européenne et puis pourquoi pas mondiale !  Il faut des normes pour faciliter cette mondialisation !  Il faut des appareils de basse consommation, les classer par ordre énergétique  en utilisant les lettres de l’alphabet.  Enfin…pourquoi pas ?  Mais, en fin de compte je ne vois pas « respecter l’environnement », je vois « presser les pauvres » qui sont contraints à acheter ces produits à bas prix fabriqués au plus bas coût avec des processus douteux. Ces consommateurs captifs seront en plus taxés pour des actes contre la Terre commis par des usines à l’autre bout de la planète.

Voulez-vous que je vous dise ?  Je trouve que nous sommes devenus maître ès complications. Nous avons perdu notre spontanéité. Nous allons bientôt perdre notre créativité.

Je vous écris sur un ordinateur portable rapide et puissant. Mais, il est vieux maintenant et il aurait été mis surement au placard si j’avais été employée dans une grande entreprise. Je pense que nous avons besoin d’ordinateurs de plus en plus puissants pour stocker et traiter de plus en plus de données. Ceci parce que  nos vies deviennent de plus en plus complexes au lieu d’être rendues de plus en plus simplifiées comme nous ont promis les créateurs de haute technologie.

Voyez où nous a mené une simple histoire de boue.  Parfois je trouve que nos experts ont des drôles d’idées, comme par exemple d’appeler Adobe un logiciel informatique. Le vrai adobe, ou torchis, ou terre compactée est issue d’aucune technologie. Il nous abrite. Si on venait à trépasser notre maison pourrait s’effondrer et nous n’aurions pas pollué ou encombré la Terre de nos détritus, la poussière redeviendra poussière.

Je vous souhaite une bonne journée.

Laisser faire

C’était un après-midi de printemps comme on les aime, plutôt doux et ensoleillé, et de ce fait je me suis retrouvée assise sur ma terrasse en train de compter les poissons rouges dans le bassin qui la jouxte, ainsi que les merles et les palmiers.

A propos de ces derniers je me souviens de les avoir plantés il y a une dizaine d’années.  A l’époque c’était de jeunes plants reçus d’un monsieur inconnu qui me voyait dans mon terrain vague tous les jours penchée sur le sol pour arracher les mauvaises herbes et mettre en terre quelques malheureuses plantes achetées dans une jardinerie voisine. Je venais d’emménager dans ma nouvelle maison. Un jour le monsieur s’est arrêté. Une remorque était attelée à sa voiture.  Dans sa remorque se trouvaient des dizaines de petits semis de trachycarpus fortunei arrachés de son jardin, un cadeau qu’il m’offrait.

Je me souviens qu’à l’époque je contemplais ces petits bouts de feuilles vertes avec un sentiment de désespoir de ne jamais les voir grandir. Aujourd’hui – dix ans plus tard, des années que je n’ai pas vu passer — ils font plus de deux mètres de hauteur et fleurissent abondamment.

Je regarde mon jardin planté d’ornementaux choisis au gré de mes visites de floralies, des soldes de fin de saison ou des promos de printemps, des bourses aux végétaux, des cadeaux d’anniversaire. Tous ont été achetés petits pour cause de budget limité. Certains étaient plus matures, bradés car en fin de vie de pot dans un coin de jardinerie. Les seules grands investissements concernent les palmiers de collection, l’olivier centenaire, ainsi que les phormiums, cycas, et fougères rares. J’ai oublié de mentionner les bambous, les buis et les ifs, ainsi que les nénuphars et lotus achetés chez le fournisseur de Claude Monet au Temple sur Lot. Oh ! il y a aussi les deux davidia involucrata, les cornus, et les agrumes.  Les orchidées, les lagerstroemia, les azalées et autres plantes acidophiles méritent elles aussi d’être citées.

Dans un coin de ce jardin confortablement installé dans son grand pot se trouve un magnifique sophora japonica pendula. Chaque fois que je prononce son nom mon mari me demande si je veux un mouchoir. Or, un jour ses collègues de bureau lui ont demandé le nom de cet étrange spécimen. Se souvenir d’un nom latin était trop lui demander.  Il a répondu : un ruthinia. La plante venait d’être rebaptisée et je suis gênée qu’il lui fasse porter mon prénom…

Ce qui m’amuse est le fait que des plantes très courantes comme l’éléagnus ebbingei ou chalef et le laurier tin peuvent se tailler en topiaire et devenir des sujets extraordinaires de beauté.

photos novembre 2011 113 photos novembre 2011 114 Sans taille le photinia Red Robin, une plante de haie des plus communs, est une autre cendrillon.  Plantée en isolée et non-taillée elle devient un sujet formidable de beauté en début de printemps lors de l’apparition des toutes jeunes feuilles d’un rouge éclatant faisant penser à un buisson ardent, ensuite vient sa floraison rose poudré abondante et prolongée, suivi par toute une année de verdure éparse et luisante.

Tels des enfants que l’on ne voit pas grandir, je dirais qu’une jungle a surgit dans mon terrain vague du jour au lendemain. Une minable pelouse tachetée de plantes pitoyables s’est transformée en oasis de verdure où chaque recoin offre un spectacle tantôt grandiose, tantôt enivrant de parfum, tantôt séduisant de discrétion.

Voilà mon propos d’aujourd’hui.  Je voudrais dire à tout jeune jardinier que patience et longueur de temps font plus que des engrais choc et des remèdes de cheval. Certes, pendant très longtemps j’ai eu des prédateurs, des maladies, des pertes.  Une fois –pendant ma période d’apprentissage– j’ai acheté un produit onéreux dans une jardinerie pour venir à bout des pucerons avec comme résultat la perte de la plante chérie. Et puis j’ai perdu des palmiers et des agrumes pendant des hivers au froid prolongé de plus de dix jours. J’ai perdu des plantes pour excès de soleil, d’ombre, d’eau, de sécheresse, de débroussailleuse…

S’il est vrai qu’un expert est une personne qui a fait toutes les erreurs possibles dans un domaine alors je pense remplir cette définition. Sept années d’échecs, d’erreurs, de désherbage : voilà l’histoire du début de mon jardin. Elle se résume à une lutte perdante contre la nature qui reprend toujours ses droits.

Un beau jour j’ai baissé les bras. J’ai laissé mourir les plantes qui ne voulaient pas vivre, qui ne résistaient pas au froid, au chaud, au manque d’eau, au trop d’eau. Bien entendu comme je ne suis pas un jardinier irresponsable j’ai continué à arroser mes plantes en pot que j’ai faites prisonnières dans un récipient en terre cuite, béton, ou plastic. C’est moi qui les avais séquestrées, c’est à moi de les nourrir.

A un moment donné mon jardin n’était pas joli, il y avait des feuilles rouillées, recroquevillées, trouées, mangées, desséchées, noircies de pucerons. Il y avait des mauvaises herbes dans tous les massifs. Quelques sujets se trouvaient agonisants. On aurait dit que mon jardin me boudait. Le jardinage que j’avais envisagé comme un plaisir s’était révélé avec le temps une véritable corvée.

Parfois je me disais que si je n’avais que cela à faire ça irait mieux.  Hélas la vraie vie n’est pas bâtie avec des si et des mais. Et puis surgissent des événements inattendus. Une vie ordinaire n’est pas une ligne droite.

Un jour j’ai rencontré Masanobu Fukuoka et son agriculture naturelle. A partir de ce moment-là tout s’est éclairé et j’ai vu pourquoi mon histoire avec les plantes était une histoire triste. Alors que je croyais bien faire j’essayais en fin de compte de faire vivre ce qui ne voulait pas vivre et de tuer ce qui ne voulait pas mourir.

Au début en voyant cette agriculture naturelle qui s’appelle aussi « de ne rien faire » j’ai pensé, ha ! voici une agriculture de paresseux qui m’est toute destinée.   A regarder de plus près je me suis aperçu qu’en fait ce n’était pas si simple et heureusement que ce n’était pas si compliqué non plus. Le secret est de « ne rien faire pour entraver le travail de la nature », autrement dit de tout faire selon le mode d’emploi de la nature et non celui de Pierre-Paul- Jacques quelque scientifique qu’il soit.

Je n’ai de cesse de vous inviter à connaître l’agriculture naturelle selon Fukuoka. Il y a ses écrits, il y a wikipedia, il y a youTube.

A mes amis débutants je réitère mon propos de l’introduction, que patience et longueur de temps vous gratifieront d’un jardin de rêve au-delà de vos rêves.  Si en plus vous suivaient la méthode naturelle sans attendre sept ans avant de vous lancer comme j’ai fait, alors votre histoire serait une passion sereine et durable, un compte de fées du genre « ils eurent beaucoup d’enfants ».

Bon jardinage !

Blanche neige

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Vu de loin on dirait presque que de gros flocons de neige se sont déposés sur ce pommier.

L’an dernier il n’a donné aucun fruit et j’ose dire que les poules de ma  basse-cour que j’ai agrandi l’an dernier ont fait du bien au verger.

Blanche Neige risque d’avoir beaucoup de pommes cet automne.