Nos forces essentielles

Le premier élan du cœur en contemplant un paysage de mer ou de montagne est toujours l’émerveillement.

Oh c’est beau dit-on et cela à chaque fois et par tout le monde y compris de la bouche du citadin le plus convaincu.

La tour Eiffel cette dame de fer est emblématique tant pour les parisiens, les provinciaux, et les touristes étrangers, mais elle n’engendre pas le même sentiment  que la vue des Alpes ou des Pyrénées par exemple.

Quand je visite Versailles ou alors Vézelay je suis époustouflée par la prouesse de l’Homme au service d’un roi ou de Dieu. Toutefois, que ce soit l’un ou l’autre la joie est contenue dans le sens où au bout d’un moment j’ai envie de rentrer à la maison.

Par opposition, quand on s’arrête en bord de mer ou en montagne au bout d’un moment on sent qu’il serait plaisant d’y passer la nuit ou la vie et d’y bâtir sa maison. A ce moment là on n’a besoin de rien d’autre qu’un toit et de quoi se nourrir.

Diriez-vous : mais alors une douche chaude et les 20 heures ?

C’est dans ces moments-là que nous réalisons notre dépendance à moult choses et qu’une vie de Robinson Crusoe pourrait ne pas nous plaire finalement.

Le fait est que nous nécessitons tellement d’affaires pour vivre que si on réfléchit bien ces choses  finissent par accaparer tout notre temps et nous privent du loisir de contempler cette belle planète. Quelle bonne idée finalement les  congés payés, sauf que parfois il y a le salon à repeindre et la pelouse à tondre…

Je me demande souvent pourquoi chaque année la somme de mes obligations augmente alors qu’elle devrait plutôt diminuer comme nous promettent les promoteurs de technologies nouvelles. Vous aller voir, cet appareil va vous faciliter la vie vous pourriez mieux vous reposer.

Mais c’est le contraire qui se produit !

Des piles à recharger, des mises à jour à faire, des abonnements à prendre ou à résilier, le lave-vaisselle à vider, et pour les plus coquets la mode à suivre avec pour comble l’obligation de se lever tous les matins pour pouvoir les acheter.

STOP ! Il y a un problème.

L’activisme et l’affairisme sont devenus des vertus.

Une petite clarification s’impose à cet endroit afin d’éviter de me faire mal comprendre. Je ne suis pas pour gaspiller du temps. En fait j’en ai horreur. L’oisiveté est mère de tous les vices.  J’affirme cependant une chose évidente que pour grandir un être humain a besoin de vivre dans la nature et de pouvoir la regarder faute de quoi ses priorités sont chamboulées et ses rapports avec d’autres personnes entravés par des conventions qui pourraient étouffer une spontanéité respectueuse et naturelle.

Imaginez un enfant dans un deux pièces étriqué dans une grande ville. Il ouvre la porte d’entrée et celle-ci donne sur un trottoir passant au-delà duquel se trouve une chaussée embouteillée.  Avant même de pouvoir apercevoir un pigeon ou un chien dehors sa mère lui dirait, « Rentre tout de suite ! ». S’il arrive malgré tout à voir un chien l’animal en laisse serait probablement de sortie pour satisfaire un besoin naturel.

Où serait, donc, la beauté dans ce quotidien ? Dans les bâtiments haussmanniens recouverts de particules de gaz d’échappement sans doute et les pavés historiques déterrés puis replacés dans leur lit de mortier, quand on a la chance de vivre dans les beaux quartiers.

En tout cas elle n’est pas dans les barres de logements ou alors les différents moyens de locomotion mécaniques y compris ceux qui sont censés respecter l’environnement.

Est-il possible de vivre autrement ?

Je n’écoute plus les hommes d’influence parce que les mesures qu’ils avancent pour mieux vivre restent très visiblement du domaine du rafistolage. Je les juge durement et je dis qu’il n’y a nul besoin de poursuivre de grandes études pour faire du mauvais bricolage.

Quand nous entamons le sujet épineux des partis politiques… nous voyons un des effets pernicieux de notre vie affairée.  Vite ! Vite ! Il faut pondre une mesure ou une loi, car sinon l’opposition nous accusera d’immobilisme.

Le temps serait-il devenu une option ? En serait-ce une perte de réfléchir très longuement à des solutions alternatives qui pourrait enfin nous rendre la vie belle aujourd’hui sans devoir attendre la retraite pour l’avoir ? Faudrait-il subir un énième crash, peut-être l’ultime, pour vraiment dessiner un plan cohérent et réaliste ?

Si je puis me permettre, c’est du grand n’importe quoi.

J’imagine déjà d’aucuns se retourner et me dire, « Et toi que proposes-tu ? »

Bon…s’il faut être critique et auteur…

S’il faut l’être j’ai des idées plein la tête et je serais prête à les partager petit à petit dans ce blog. Je ne sais pas comment exactement les mettre en oeuvre et elles ne sont pas non plus tout à fait hiérarchisées. Mais elles sont là, brut de coffrage.

Vous avez compris, la première bonne idée est de prendre le temps de déterminer ce que nous pourrions améliorer dans la vie de tous les jours.

Quant à moi je pense que je vais commencer par boycotter la fausse nourriture qui au lieu de sustenter affaiblit les forces essentielles de notre corps humain.

La neige

Dans la nuit il a neigé un peu. J’aime la neige, car elle rend tout joli. Du coup, tout autour de moi, tout se ressemble à peu près, non pas dans le sens que l’uniformité égale beauté, mais dans le constat que l’on ne fait plus la distinction entre la pelouse tondue de mes voisins et la mienne (non-tondue encore), et leur potagers alignés et mon jardin naturel. 

Bonne journée.

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                                                           Surprise du matin.

La chèvre et le choux

Il y a beaucoup d’adjectifs qui définissent ce qui nous entoure, l’un d’eux : vivant.  On ne pense que rarement à ce mot, parfois cela arrive quand un être cher disparaît et là on dit qu’il est mort.

Vivant, pour moi c’est essentiellement quelque chose qui est muable, qui grandit, se transforme, se multiplie, s’embellit, s’enlaidit  comme un choux par exemple. La chèvre qui le broute est située un peu plus loin, car elle est animée de surcroît.

Notre corps qui au commencement est une cellule, est vivant. Par division cette cellule devient un homme avec tous les organes et même la parole et un intellect.

Quelle merveille ! Les dents qui poussent, la maturité corporelle qui est atteinte vers les 20 ans, et puis un cerveau qui nous rend capables de survivre à l’université. Enfin, tout cela à partir d’une cellule magique.

Or, ce cerveau puissant, à l’origine modeste et solitaire, à tout vouloir décortiquer, à tout vouloir apprendre, a pris la grosse tête.

Désormais on se fie à la science, on calcule tout ou presque, on quantifie et on pèse. On aurait même tendance à refuser la réalité de ce qui n’est pas quantifiable, rationnel, ou explicable. Je suppose qu’il y a un siècle personne n’avait imaginé qu’un jour et dans quasiment tous les foyers de France il y aurait un pèse-personne, ni que nos poches contiendraient un permis de conduire et la carte Vitale (carte d’assurance maladie).

Notre santé est dans la puce électronique de cette carte. Je crois au pouvoir de la médecine de rafistoler notre corps s’il est assailli de l’extérieur. Une blessure, un os brisé, un membre sectionné, un cœur défaillant nécessitent tous l’intervention médicale.  Pour le reste, le corps –cette formidable création– n’a besoin que de lui-même pour guérir.

Il rencontre quelques microbes et pour les expulser il éternue. Et nous, que faisons-nous ?  On essaie d’étouffer cet éternuement qui ne fait pas partie des moeurs acceptables. Les microbes sont toujours dedans et ils se multiplient. Le corps essaie une autre arme, la toux. Nous avalons un sirop pour ne pas tousser. Les microbes se multiplient, et un jour le corps a le nez qui coule. Nous pulvérisons un spray pour stopper l’écoulement.  Les microbes sont toujours là, au chaud, et se multiplient allègrement. Ils colonisent maintenant les bronches et là DANGER les antibiotiques s’imposent disent nos médecins tandis que les laboratoires pharmaceutiques se frottent les mains.

Avec notre grosse tête nous avons lié les pieds et les poings de notre corps magique et l’avons livré à la science de l’homme, au lieu de le laisser se soigner tout seul comme il sait très bien faire.

Parfois ça commence à la naissance où le nouveau-né est privé du lait d’une femme qui refuse de donner ce que la nature a destiné à un bébé être humain. A la place elle donne le lait d’une vache.  Imaginer la tête du veau si on lui présentait un biberon de lait humain.

Bien entendu il faut lire avec discernement ce que j’écris, car née d’une famille moderne et scientifique je suis comme tout le monde, je suis bien contente que les médecins existent et les consulte en cas de nécessité. Seulement j’apprécie modérément quand ils oublient un enseignement d’Hippocrate : que ta  nourriture soit ton remède et ton remède ta nourriture. C’est une citation que j’ai trouvé sur Internet un jour et que je vois pleine de sagesse et de vérité.  Surfant plus loin je suis tombée sur des articles qui disent mes pensées plus haut mieux que je ne fais et je vous invite à les chercher.

Cette nature qui nous entoure est source de nourriture et de remède. Vu le monde dans lequel j’ai grandie je suis incapable de penser qu’une patate par exemple est un remède. Je suis également incapable d’aller dans la nature pour cueillir une herbe qui me soulagerait d’une brûlure ou d’une démangeaison, ou renforcerait mes défenses après cet hiver interminable. Un jour je saurai plus de choses, ou peut-être pas.

Je suis persuadée qu’à partir du moment où je ne mange que des choses pures et de haute qualité les risques  « d’empoisonnements » cachés, d’affaiblissements des défenses corporelles, et de signes extérieurs de vieillissement sont moindre.

En rapide conclusion j’ose dire que n’importe quelle politique de santé devrait être orienté vers la disponibilité universelle de denrées d’excellentes qualités nutritionnelles et gustatives plutôt que vers des recherches destinées à concocter des remèdes aux maladies causées par cette rareté et cherté de bonnes choses à manger.  Que la nourriture dite bio soit disponible en quantité suffisante pour tous et pour un prix qui reflète les coûts de production réels et non ceux d’une pratique encore à nos jours confidentielle, et qu’elle soit réellement naturelle même en l’absence de normes ou de certifications.

Grues!

Des grues par centaines sont en train de traverser mon village à l’instant où j’écris.

Deux fois par an elles se dirigent sans GPS vers le nord ou le sud, autrement dit pas besoin de satellites pour se guider, tandis que moi , même équipée d’un GPS embarqué j’ai du mal à arriver à destination ou alors comme cela m’est arrivé en Bourgogne l’appareil m’a fait passer dans des allées de vignes. Si! Si!

Si un jour quelqu’un découvre un moyen de diriger ces oiseaux magnifiques…enfin l’idée est absurde n’est-ce pas ?

Pourtant nous autres faisons l’absurde opération de vouloir faire pousser les plantes mieux que la nature ne le fait et personne ne juge l’idée idiote.

Pensez à cela!

En attendant

mes canards huppés

Pour vous qui venez de rencontrer ce blog, je souhaite chaleureusement la bienvenue. Il est en cours de construction. Pour le moment je transfère les articles et les photos de mon ancien blog vers celui-ci.

Ce matin en écoutant la radio j’ai entendu que les cours des céréales sont à la hausse et de ce fait les éleveurs de races à viande sont en train de se reconvertir en céréaliers. Une pluie de météorites de questions m’est tombée sur la tête et je commence à me demander si l’industrie agro-alimentaire n’est pas la racine de tous les malheurs de la société moderne.

Le monde a perdu la paix. Il est en plein chaos et ce n’est pas une blague. Ce désordre se retrouve au niveau de la personne, de la famille, de la société, et du monde. Nous cherchions à avancer et nous l’avons fait sans trébucher pendant longtemps, mais maintenant nous nous rendons compte que nous sommes face au mur.

Nous avons cru en la science, la technologie, les diplômes, les titres de noblesse et politiques, la mondialisation, les extra-terrestres et que sais-je encore et nous avons consacré nos vies à les poursuivre.

C’est irritant d’entendre parler de hausse d’impôts, de TIPP, de TVA et c’est à croire que pour guérir d’une maladie il faut appliquer quelque chose sur le corps.  Loin de nous de penser dans le tumulte de nos vies quotidiennes que parfois il faut enlever des choses qui nous entravent.

La nourriture qui est le nerf de la guerre—n’oublions pas que les billets d’euros ne sont pas nutritifs—n’est pas accessible comme elle devrait l’être. Nous voici au cœur du sujet de ce blog qui traite de l’agriculture naturelle et témoigne combien les enseignements de Masanobu Fukuoka sont pertinents dans tous les aspects de notre vie. Car, il  s’agit dans l’agriculture naturelle non seulement de la culture des denrées, mais de l’amélioration de l’homme et de sa condition de vie.

L’agriculture est devenue une industrie que les experts nomment agro-alimentaire, mais au lieu d’être fiers d’avoir inventé ce mot nous devrons plutôt regretter d’avoir crée la réalité qu’il décrit.

Depuis quand le blé et le riz sont-ils côtés en Bourse ?  Depuis quand les produits dits bio doivent-ils valoir plus chers que le reste ? Depuis quand jetons-nous de quoi nourrir la moitié du monde pour mieux vendre le reste au prix fort ?

C’est comme une rengaine, les scandales de bœuf au cheval et de poisson au poisson, que les nouvelles ne sont plus nouvelles et que la prochaine affaire succédera à celle en cours.

Mes cours de maths sont lointains et pourtant je me rends compte que les maths sont omniprésents et que notre monde moderne se résume en des calculs de bénéfices certes parfois de pertes, mais surtout comment les faire coûte que coûte sur le dos de tout ceux qui ont besoin de nourriture pour vivre, bref de tout le monde.

De chasseurs-cueilleurs nous sommes devenus sédentaires plus ou moins, pasteurs et cultivateurs. Nous cultivions avec nos mains et nos pieds et parfois avec un animal de trait.  Un jour ce paisible fermier que nous étions a décidé de planter plus pour récolter plus et faire des conserves pour l’hiver, dans les pays où il y a un hiver. Un jour nous avons eu la géniale idée de vendre le surplus et les années de diète nous avons compris que la pénurie fait monter les prix.  L’histoire continue jusque la naissance du capitalisme sauvage et de l’agro-alimentaire et les scandales alimentaires actuels et tout cela à cause des maths.

Je ne suis pas contre le profit à condition qu’il soit sain et raisonnable.

Je ne suis pas contre la science et la technologie à condition qu’elles ne nous fassent pas perdre notre humanité.

Je suis pour la nourriture de qualité pour tous, car comme Hippocrate a dit, que ta nourriture soit ton remède et ton remède ta nourriture.

Cordialement

RUTHIE