logique et Industrie

Pèle mêle je vous livre quelques réflexions.

Un jour que mon cerveau était assez paresseux pour prendre une sieste mentale une lumière s’est allumée, ce qui m’a fait sourire, car la situation fait penser à une ampoule dessinée au dessus d’une tête.

Parfois la logique est tellement évidente qu’elle échappe à notre vue.

En croquant une tomate non gigantesque de mon jardin sauvage je me suis dit que le trou de la sécurité sociale serait moins grand si la politique gouvernementale faisait en sorte qu’une nourriture de qualité soit rendue disponible à tous.
Il m’a semblé alors évident qu’au lieu de guérir une population prône aux maladies il serait plus judicieux de la maintenir en bonne santé. Cette ampoule est tellement lumineuse qu’elle devient invisible.

Une fois cette logique démontrée des questions subsistent. Que deviendrait notre économie actuelle ?

Quelles conséquences si nos agri-commerçants arrêtaient d’employer tracteurs, engrais, pesticides, et irrigation ? Et si l’agro-business cessait d’exister tout simplement ?

Tout un pan de l’économie mondiale s’effondrerait, jusqu’au moindre fabricant de vis pour tracteur ou poudre d’hormone de bouturage.

Pire encore, l’industrie pharmaceutique et la profession médicale souffriraient de chute de clientèle.

Une chanson populaire dit que demain le soleil se lèvera de nouveau. Un peu tiré par les cheveux, mais cette phrase pourrait s’appliquer aux secteurs en faillite ci-dessus.

Quand la majorité des citoyens serait en bonne santé la société présenterait un autre visage, souriant, reposé, serein, pacifique, ce qui aurait pour effet de la rendre en meilleure santé. C’est un cercle vertueux.

Les chômeurs d’un nouveau genre pourraient se recycler dans le bien-être, la haute-cuisine, les arts, la technologie de pointe, les loisirs.

Si l’on m’avait dit qu’un jour on trouverait un produit pour rendre une pomme éternellement fraîche je ne l’aurais pas cru.
Si je rêve aujourd’hui d’une alimentation de haute qualité pour tous, serait-ce possible qu’un jour ce rêve fou se réalise ?

Ma petite contribution à cet effort semble … aussi folle.
Un potager sauvage, tout au moins les balbutiements d’un tel jardin, peut se voir sur les photos ci-dessus. Il me nourrit. Il devrait pouvoir alimenter une famille de quatre, un jour pas trop lointain quand les mécanismes de la nature auraient atteint un début d’équilibre dans mes 300 mètres carrés ? Pour bien faire, les kilomètres carrés qui l’entourent devraient retrouver leur équilibre naturel eux aussi…

 

ZA : Afrique du Sud

Je considère comme une grâce singulière d’avoir pu apercevoir dans leur habitat naturel les animaux majestueux de la savane sud-africaine.ZA août 2012

Je vis dans le sud-ouest de la France où il arrive de pleuvoir suffisamment pour échapper à l’appellation de climat méditerranéen. Le paysage est verdoyant sauf en cas de canicule ou après une tonte de gazon acharnée comme il semble être la mode partout et toujours. Lorsque j’arrive à obtenir un champ fleuri du plus bel effet ondoyant et bariolé au début du printemps une démangeaison semble surgir et a pour conséquence de faire faire démarrer une tondeuse thermique par mon gentil époux.

S’il avait pu voir de ses propres yeux le Parc Naturel de Pilanesberg au nord ouest de l’Afrique du Sud je suis persuadée qu’il ne démarrerait plus jamais une tondeuse de sa vie.
Ce parc se situe dans le vaste cratère plat d’un volcan éteint. Partout il n’y a que broussailles brûlées et arbustes desséchés. Quand au loin nous apercevons des arbres verts ce sont en fait des cactus ou autres succulents.éléphant

 

Or, ce parc de 65,000 hectares accueille parmi les plus grands fauves au monde et leur fournit abris et nourriture. Par exemple, un éléphant passe 18 heures par jour à manger. Une girafe ne doit pas être loin du compte. Sans parler des zèbres, impalas, hordes de gnous, des rhinocéros, hippopotames, buffles, crocodiles, et oiseaux qui tous doivent se nourrir. L’anneau de collines qui encercle cet ancien cratère est couvert d’une végétation sèche et qui plus est éparse. Il semble n’y avoir guère d’endroits où s’abriter ou se refugier. Je me suis dit que c’est vraisemblablement la raison pour laquelle les pelages ont la couleur qu’ils ont.

zèbre en camouflagerhinoceros blanc

Secs et brûlés, ces paysages sont pourtant époustouflants de beauté. Les bijoux de bêtes parsèment ce diadème en ton sur ton avec des émeraudes de cactus ça et là. Je serais ravie de remplacer mon jardin par celui-ci qui n’a besoin de ma main pour rester majestueux quelque soit le temps ou la saison. Que d’efforts pour maintenir mon jardin propre, vert, et contenu, alors que là-bas au Pilanesberg où les seuls jardiniers sont les bêtes et la nature, nous pouvons admirer une œuvre d’art de paysagiste d’avant-garde.

Non loin de là, à Sun City, lieu de détente pour riches sud-africains, golfes verdoyants côtoient plage artificielle à vagues, palace de mille et une nuits, et reconstitutions d’un monde perdu tel que les cinéastes l’imaginent. Plantes tropicales dans un cadre de gazon luisant poussent de-ci de-là. Au lointain nous apercevons les plaines et collines arides du Pilanesberg.Golf

On pense à la Californie, où étendues de désert relient villes arrosés. Tout cela pour le plaisir des yeux, car je n’ai jamais vu personne brouter du gazon et je ne connais aucun végétarien en mettre dans son menu.

Il est temps de prendre du temps à réfléchir quant aux demeures royales de France et de Navarre que nous cherchons inconsciemment à perpétuer dans nos jardins de mouchoir de poche. Oh, j’aime visiter les parcs et les châteaux…seulement je me rends compte que j’ai en fait admiré des témoins de la souffrance humaine et de l’esclavage du passé, ainsi que de l’utilisation d’équipements pétrolifages du présent. Mon cœur balance entre l’admiration de ces merveilles du monde et le gâchis de ressources rares et peut-être non-renouvelables que leur entretien demande. Aujourd’hui je me rends compte, après avoir visité le Pilanesberg, que laisser la nature à ses œuvres garantie à coup sûr une réussite à cent pour cent sans tous les artifices et les outils que nous, humains, croient devoir nous encombrer pour faire du beau et de l’extraordinaire.

Je ne regarderai plus un gazon de la même façon.
Je ne regarderai plus une friche de la même manière.
Je saurai, devant l’incompréhension de l’utilité de tous les indésirables pestes et maladies et mauvaises herbes, que si je laisse faire la nature, comme au Pilanesberg, le résultat final sera un chez d’oeuvre.    paysage de Pilanesberg ZA 2012

Eau non

Cet été, contrairement à ce que j’ai observé comme un rituel immuable depuis presque dix ans, époque à laquelle j’ai dessiné et planté un jardin d’ornement, je n’ai pas mis en marche l’arrosage intégré.

Le principe d’un jardin naturel est d’attendre que la pluie tombe.
Bien entendu il ne s’agit pas d’abandonner une plante à son sort climatique. Il convient d’essayer de reproduire l’environnement d’une forêt où une graine tombée puis germée a toutes ses chances de croître vigoureusement et sainement.
Il s’agit, donc, de donner à un végétal une couverture telle qu’elle recevrait naturellement dans une forêt où des feuilles et des branchages ainsi que des plantes tapissantes ne laissent pas paraître un seul centimètre de sol nu.
La pluie s’infiltre gentiment dans le sol, même la pluie la plus torrentielle, car une éponge épaisse l’absorbe dans un amortissement digne d’un matelas. La couche d’humus longuement constituée n’est donc pas emportée et le sol n’est pas lessivé.
Ainsi, une canicule ou, moins dramatique, une sécheresse, serait plus supportable du fait de la couverture isolante.
Cette couche de débris végétaux prend habituellement le chemin de la déchetterie. Personne ne voudrait d’un amoncellement inesthétique laissé à demeure jusque complète décomposition. Pourtant tout le monde convient de dire que le sol d’une forêt n’est pas sale. Quand dans une époque révolue j’étais une étudiante parisienne je devais prendre la voiture pour enfin pouvoir découvrir à pied des chemins sylvestres.
Les enfants adorent ces promenades. Le sentiment de bien-être est réel, palpable, respirable. Les enfants ne s’y trompent pas. Il faut hélas rappeler qu’une forêt aux portes de Paris est forcément entretenue pour les besoins de ses promeneurs. Elle est fréquentée par des citadins en mal de nature, quelle contradiction que celle de devoir monter dans une automobile pour y aller.

Mon jardin d’ornement soumis au régime sans eau a bien triste mine cette année.

On verra l’année prochaine.